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Le calendrier féministe : 8 dates à connaître absolument

Dans deux semaines, le 28 septembre, se tiendra la Journée internationale pour le droit à l’avortement. Il y a de fortes chances que vous ne le sachiez pas — et c’est bien tout le problème. Le calendrier féministe compte une bonne dizaine de dates officielles, certaines reconnues par l’ONU depuis des décennies, d’autres bien plus récentes, et la plupart restent largement méconnues du grand public, noyées entre le 8 mars et le reste de l’année.

Chez ChocoClito, on a décidé de les rassembler à un seul endroit, avec leur origine exacte et ce qu’elles signifient vraiment, plutôt que de se contenter d’un post Instagram une fois par an. De quoi ne plus être prise au dépourvu, et repérer les bonnes occasions de porter votre moulette avec un peu plus d’intention encore.

En résumé : Le calendrier féministe compte au moins huit dates officielles à connaître : du 6 février (tolérance zéro aux mutilations génitales) au 25 novembre (violences faites aux femmes), en passant par le 8 mars, le 22 mai et l’Equal Pay Day, recalculé chaque année.

Les dates fondatrices : droits et représentation

8 mars : la Journée internationale des droits des femmes

Sans doute la plus connue de toutes, reconnue officiellement par les Nations Unies depuis 1977 seulement, alors que son histoire remonte à bien plus tôt. Tout commence en 1910, lorsque la militante allemande Clara Zetkin propose, lors d’une conférence internationale des femmes socialistes à Copenhague, la création d’une journée annuelle dédiée aux droits des femmes, sans toutefois fixer de date précise. Il faudra attendre 1917 pour que le 8 mars s’impose vraiment : ce jour-là, les ouvrières de Petrograd, en Russie, se mettent en grève pour réclamer « du pain et la paix », un mouvement qui contribuera au déclenchement de la révolution russe. La date, devenue peu à peu une tradition mondiale après 1945, n’obtiendra sa reconnaissance officielle par l’ONU que soixante ans plus tard.

11 octobre : la Journée internationale de la fille

Nettement moins connue, cette journée a été créée par une résolution de l’Assemblée générale des Nations Unies adoptée le 19 décembre 2011, à l’initiative du Canada. Elle a été célébrée pour la première fois en 2012, avec un premier thème consacré à la lutte contre les mariages d’enfants, et rappelle chaque année que les inégalités de genre commencent souvent bien avant l’âge adulte.

Les dates du corps, de la santé et du plaisir

22 mai : la Journée internationale du clitoris

Née à Bruxelles en 2019, à l’initiative de plusieurs associations féministes belges et françaises, avec l’installation d’une sculpture géante place du Luxembourg pour marquer les esprits. On vous racontait son histoire en détail dans notre article sur l’histoire du clitoris : elle vise à combler des décennies d’ignorance médicale et scolaire autour de cet organe, dont la structure complète n’a été scientifiquement cartographiée qu’en 1998.

28 septembre : la Journée internationale pour le droit à l’avortement

Cette journée existe depuis la fin des années 1990, portée à l’origine par des réseaux féministes d’Amérique latine et des Caraïbes avant de s’internationaliser. Chaque année, des mobilisations ont lieu dans de nombreux pays pour rappeler que ce droit reste fragile, y compris dans des démocraties : en 2024, la France est devenue le premier pays au monde à inscrire la liberté de recourir à l’IVG dans sa Constitution, une avancée présentée comme définitive mais qui n’empêche pas d’autres pays, y compris en Europe, de restreindre voire d’interdire l’accès à l’avortement la même année.

Les dates de lutte contre les violences

25 novembre : le lancement des 16 jours d’activisme

Le 25 novembre marque le lancement des 16 jours d’activisme contre les violences basées sur le genre, une campagne mondiale qui court jusqu’au 10 décembre, Journée internationale des droits humains, reliant symboliquement les deux luttes. Cette date du 25 novembre commémore l’assassinat, en 1960, des sœurs Mirabal, trois militantes politiques dominicaines surnommées « Las Mariposas » (les papillons), tuées sur ordre du dictateur Rafael Trujillo pour avoir résisté à son régime. Leur histoire, longtemps restée locale, est devenue depuis un symbole international de la lutte contre les violences faites aux femmes.

6 février : tolérance zéro à l’égard des mutilations génitales féminines

Instaurée par l’Assemblée générale des Nations Unies en 2012, cette journée cherche à intensifier l’action mondiale pour éliminer cette pratique reconnue comme une violation des droits humains. Selon l’Organisation mondiale de la santé, plus de 230 millions de filles et de femmes dans le monde ont subi une mutilation génitale, et environ 4 millions de filles supplémentaires restent exposées à ce risque chaque année, principalement en Afrique et au Moyen-Orient.

Les dates de l’émancipation professionnelle et scientifique

L’Equal Pay Day, ou le jour où les Françaises « arrêtent d’être payées »

Cette date n’a rien de fixe au calendrier : elle est recalculée chaque année depuis 2016 par la newsletter féministe Les Glorieuses, fondée par l’économiste Rebecca Amsellem. Le principe : convertir l’écart salarial entre femmes et hommes en jours travaillés « gratuitement » en fin d’année, à partir des statistiques Eurostat. En 2023, cette date symbolique tombait le 6 novembre à 11h25 ; en 2024, elle avait légèrement reculé au 8 novembre à 16h48, un progrès si lent que Les Glorieuses elles-mêmes le qualifient de « stagnation ».

11 février : la Journée internationale des femmes et des filles de science

Adoptée par l’Assemblée générale des Nations Unies fin 2015 et célébrée pour la première fois en 2016 lors d’un forum au siège de l’ONU. Elle vise à donner plus de visibilité aux chercheuses et à encourager les vocations scientifiques chez les filles, dans des filières comme la physique, l’ingénierie ou le numérique, où elles restent encore largement minoritaires malgré des progrès réguliers ces dernières années.

Connaître ces dates, ce n’est pas cocher des cases sur un calendrier : c’est se donner des occasions régulières, tout au long de l’année, de reparler de sujets qu’on a trop souvent tendance à ranger dans un coin après le 8 mars. Comme on l’expliquait dans notre article sur les bijoux féministes au quotidien, un symbole porté au bon moment a un pouvoir de conversation que peu d’autres gestes possèdent. C’est aussi, tout simplement, l’occasion parfaite pour ressortir sa moulette à paillettes, en solidarité ou pour ouvrir la discussion avec quelqu’un qui ne connaît pas encore la date du jour.

Gardez ce calendrier sous le coude, épinglez-le, partagez-le à qui vous voulez : plus on en parle, moins ces dates resteront confidentielles d’une année sur l’autre. Et si l’une d’elles vous donne particulièrement envie de compléter votre collection, direction chococlito.fr, ou suivez nos rappels au fil de l’année sur Instagram, @choco_clito.

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