Publié le — Laisser un commentaire

La loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles

Ce lundi 7 septembre 2026, l’Assemblée nationale a commencé à examiner un texte hors norme : 69 articles, huit groupes parlementaires signataires, une commission spéciale créée spécialement pour l’occasion — une organisation exceptionnelle, réservée aux textes dont le champ dépasse largement une seule commission permanente. Son nom officieux, « loi intégrale », résume son ambition : ne plus traiter les violences sexistes et sexuelles par petits bouts de loi successifs, mais s’attaquer d’un seul geste à tous les angles morts du droit. Ce texte arrive quelques mois après le meurtre de Lyhanna, une collégienne de 11 ans retrouvée morte et violée en juin dernier, un drame qui a encore renforcé l’attente autour de ce dossier.

Chez ChocoClito, on suit ce genre de dossier de près, parce qu’une loi qui change vraiment la donne compte souvent plus que dix campagnes de sensibilisation réunies. Voici où en est ce texte, et pourquoi il est particulièrement attendu.

En résumé : La loi intégrale est une proposition de loi-cadre de 69 articles contre les violences sexistes et sexuelles, entrée en commission spéciale le 7 septembre 2026, avec un examen prévu début octobre. Portée par 109 députés, elle couvre la justice, la police, la santé, le travail, l’éducation et le numérique.

Qu’est-ce qu’une loi « intégrale » ?

Un modèle venu d’Espagne

Une proposition de loi-cadre, aussi appelée loi « intégrale », pose les grandes orientations d’une politique plutôt que de modifier un seul article de code : ce texte couvre toutes les sphères où s’exercent les violences sexistes et sexuelles — justice, police, santé, travail, éducation, numérique — avec l’ambition de combler les angles morts du droit plutôt que de légiférer à la marge, texte après texte. Le terme « intégrale » n’est d’ailleurs pas un hasard : il fait directement référence à la loi organique espagnole de 2004, portant « mesures de protection intégrale contre la violence de genre », dont plusieurs associations féministes françaises revendiquent l’inspiration. Ce texte pionnier a mis en place des tribunaux et des parquets spécialisés, des bracelets électroniques pour les conjoints violents dès 2009, et permis à l’État de poursuivre même sans plainte de la victime dans certains cas. Résultat documenté par l’Assemblée nationale elle-même : le nombre de femmes tuées en Espagne est passé de 72 en 2003 à 48 en 2021, soit une baisse d’un tiers, pendant que les plaintes enregistrées augmentaient de 29 %, signe d’une confiance retrouvée dans la justice. Un succès permis aussi par les moyens engagés : l’Espagne y consacre environ 16 euros par habitant chaque année, contre environ 5 euros en France selon une étude comparative.

140 propositions de 60 associations féministes

Le texte français n’est pas né dans un bureau ministériel. Il trouve son origine dans environ 140 propositions formulées en octobre 2024 par une soixantaine d’associations féministes, dont la Fondation des femmes, réunies au sein d’une coalition. En janvier 2025, la députée Céline Thiébault-Martinez a rassemblé des parlementaires de tous bords, à l’exception du Rassemblement national, de l’Union des droites pour la République et de La France insoumise, pour transformer ces propositions en un texte législatif commun.

Une ampleur inédite au Parlement

69 articles, une commission spéciale dédiée

Face à l’ampleur du texte, l’Assemblée a fait un choix rare : plutôt que de le confier à l’une de ses huit commissions permanentes, elle a créé une commission spéciale de 70 députés, présidée par Christopher Weissberg, avec Céline Thiébault-Martinez comme rapporteure générale. Cette organisation reflète la difficulté de l’exercice : un texte qui touche à la fois au droit pénal, à la santé, à l’éducation et au numérique ne peut pas être traité comme une loi ordinaire.

Un texte transpartisan… avec des absents notables

Cosignée par 109 députés issus de huit groupes parlementaires, la proposition de loi affiche un consensus large, mais pas total : ni le Rassemblement national, ni l’Union des droites pour la République, ni La France insoumise n’en sont signataires, chacun pour des raisons qui lui sont propres. La ministre de l’Égalité entre les femmes et les hommes, Aurore Bergé, a de son côté confirmé fin octobre 2025 qu’« il y aura une loi-cadre » sur le sujet, après avoir consulté l’ensemble des groupes parlementaires. Reste à savoir si ce texte parviendra à traverser l’hémicycle sans être dénaturé par les habituels jeux d’amendements.

Pourquoi maintenant ?

Des chiffres qui ne baissent pas

Selon un rapport de la mission interministérielle pour la protection des femmes (Miprof) portant sur l’année 2024, 1 283 femmes ont été victimes de féminicides directs ou indirects, ou de tentatives de féminicides conjugaux, contre 1 196 en 2023, soit une hausse sur un an. Chaque jour en France, plus de trois femmes sont ainsi concernées, un chiffre publié à quelques jours du 25 novembre, journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes. Emmanuel Macron avait pourtant fait de cette lutte la grande cause de son premier quinquennat dès 2017, une promesse renouvelée en 2022 ; près d’une décennie plus tard, ces chiffres montrent qu’une grande cause présidentielle ne suffit pas, à elle seule, à inverser la tendance.

Direction l’hémicycle en octobre

Après les auditions et les travaux de la commission spéciale, le texte doit être examiné dans l’hémicycle début octobre 2026. La question des moyens alloués à sa mise en œuvre reste, à ce stade, l’un des points de débat les plus vifs entre les groupes signataires eux-mêmes : voter des principes est une chose, leur donner les moyens humains et budgétaires d’exister en est une autre. L’exemple espagnol, justement, rappelle qu’un texte ambitieux sans budget à la hauteur risque de rester en grande partie symbolique.

On ne prétend pas, chez ChocoClito, avoir une influence sur le vote d’une loi. Mais suivre ce texte, en parler, comprendre ce qu’il change vraiment, c’est déjà une manière de ne pas laisser ce sujet retomber une fois l’actualité passée à autre chose.

Suivez l’avancée de cette loi et nos autres décryptages engagés sur Instagram, @choco_clito, et retrouvez notre collection sur chococlito.fr.

Publié le — Laisser un commentaire

Octobre Rose : le vrai problème, c’est le sous-financement

En 1991, une Californienne du nom de Charlotte Haley confectionne à la main, dans sa salle à manger, de petits rubans couleur pêche. Elle n’a rien d’une professionnelle du militantisme : c’est une femme dont la mère, la sœur et la fille ont toutes traversé un cancer du sein. Sur la carte qui accompagne chaque lot de cinq rubans, elle a écrit : le budget annuel du National Cancer Institute s’élève à 1,8 milliard de dollars, mais seuls 5 % de cette somme vont à la prévention du cancer. Elle distribue ses rubans sur les marchés, écrit des lettres à des personnalités, jusqu’à en distribuer plusieurs milliers. Un an plus tard, le magazine Self et la marque Estée Lauder lui proposent de reprendre son idée pour une grande campagne nationale. Charlotte Haley refuse net, jugeant la démarche trop commerciale. Qu’à cela ne tienne : ils changent simplement la couleur du ruban, adoptent un rose pastel choisi pour son caractère apaisant, et le ruban rose est né, sans elle et sans son message d’origine.

Cette histoire, on ne la raconte presque jamais pendant Octobre Rose. Elle mérite pourtant qu’on s’y attarde, parce qu’elle résume à elle seule le sujet dont on veut vous parler aujourd’hui : le sous-financement chronique de la recherche sur la santé des femmes, dont le cancer du sein n’est qu’un exemple parmi beaucoup d’autres.

En résumé : Le ruban d’Octobre Rose est né en 1991 d’une protestation contre le sous-financement de la recherche. Ce problème dépasse le cancer du sein : la recherche médicale reste structurée autour d’un modèle masculin, avec des femmes sous-représentées dans les essais cliniques et moins financées dans leurs recherches.

Le ruban rose est né d’un cri contre le sous-financement

1991 : un ruban pêche pour dénoncer un budget dérisoire

Charlotte Haley n’était pas une professionnelle de la communication. Simplement une femme dont la mère, la sœur et la fille avaient toutes traversé un cancer du sein. Son geste, entièrement artisanal, visait un objectif précis : obtenir davantage de moyens pour la prévention, pas seulement pour le traitement. Son message a circulé pendant des mois, presque entièrement par le bouche-à-oreille.

Comment ce message a été récupéré

Le refus de Charlotte Haley n’a pas arrêté grand monde. Le ruban pêche est devenu rose, la campagne s’est mondialisée, et le mois d’octobre s’est peu à peu rempli de produits estampillés du fameux ruban. Le terme « pinkwashing » a d’ailleurs été inventé quelques années plus tard par l’association militante Breast Cancer Action pour désigner précisément ce type de récupération commerciale d’une cause. En France, la Ligue contre le cancer a elle-même fini par dénoncer publiquement cette dérive et par proposer une charte de bonnes pratiques. Mais au-delà du marketing, la question posée par Charlotte Haley dès 1991 reste largement sans réponse : où va vraiment l’argent de la recherche ?

Un problème bien plus large que le cancer du sein

Des maladies encore mal comprises, faute de recherche

Un rapport du Conseil fédéral suisse publié en mai 2024 constate que de nombreuses maladies touchant particulièrement les femmes ne font toujours pas l’objet d’une recherche suffisante, et que les maladies courantes leur sont diagnostiquées plus tardivement qu’aux hommes, notamment parce que leurs symptômes spécifiques restent mal reconnus par le monde médical. Le Conseil de l’Europe pointe de son côté une sous-représentation flagrante des femmes dans la recherche sur les maladies cardiovasculaires, certaines hépatites, le VIH ou les maladies digestives. Catherine Vidal, membre du comité d’éthique de l’Inserm, résume la situation : les inégalités d’inclusion persistent pour l’insuffisance cardiaque, certains cancers, la douleur ou le VIH.

Des essais cliniques longtemps pensés sans les femmes

Cette situation a une histoire précise. Après le scandale du thalidomide dans les années 1950 et 1960, ce sédatif prescrit aux femmes enceintes ayant provoqué de graves malformations chez leurs enfants, l’agence américaine du médicament a fini par recommander, en 1977, d’exclure purement et simplement les femmes en âge de procréer des essais cliniques. Une précaution qui s’est transformée en angle mort pour des pathologies qui n’ont pourtant rien à voir avec la grossesse : il aura fallu attendre une loi américaine de 1993 pour imposer enfin le recrutement systématique de femmes dans les essais. La participation féminine aux essais cliniques est ainsi passée de 35 % en 1995 à 58 % en 2018 selon certains registres, un progrès réel mais tardif, et encore incomplet pour plusieurs pathologies comme les maladies cardiovasculaires ou certains cancers.

Le nerf de la guerre : le financement de la recherche

Moins de subventions, moins de reconnaissance

Le déséquilibre ne s’arrête pas à la participation aux essais. Le Conseil de l’Europe note également que les femmes reçoivent moins de financements pour leurs propres recherches, et sont moins souvent citées comme autrices dans les publications scientifiques, un phénomène particulièrement marqué chez les chercheuses les plus expérimentées. Au Canada, une étude évoque une réalité plus frappante encore : la recherche sur la santé des femmes ne recevrait qu’environ 1 % des subventions disponibles à l’échelle nationale, alors même que les chercheuses, plus susceptibles de s’emparer de ces sujets, ont statistiquement moins de chances d’obtenir un financement que leurs homologues masculins.

La France s’empare (enfin) du sujet

En France, le Conseil économique, social et environnemental (CESE) a lancé en 2025 des travaux consacrés spécifiquement aux inégalités de genre dans la santé, en choisissant la périnatalité comme porte d’entrée pour éclairer un sujet plus large. L’objectif affiché : sortir d’une vision de la santé encore trop centrée sur un modèle masculin par défaut, où les représentations et les préjugés pèsent autant que les chiffres.

C’est très exactement le fil qu’on tirait déjà dans notre article sur l’histoire du clitoris : un organe resté hors des manuels médicaux pendant un siècle, faute d’intérêt de la recherche pour le plaisir féminin. Le cancer du sein, la santé cardiovasculaire, la douleur chronique, l’endométriose : le même mécanisme se répète, sous des formes différentes, à chaque fois que la recherche médicale prend l’homme comme référence par défaut.

Chez ChocoClito, on ne prétend pas financer la recherche médicale avec des paillettes. Mais on peut continuer à en parler, encore et encore, aussi souvent que nécessaire, jusqu’à ce que ce ne soit plus nécessaire de le faire. Cet Octobre Rose, portez le ruban si vous le souhaitez, mais posez aussi la question qui dérange : combien, exactement, va à la recherche ?

Retrouvez toute notre collection sur chococlito.fr, et suivez nos décryptages engagés sur Instagram, @choco_clito.

Publié le — Laisser un commentaire

World with Women : je serai à Nantes le 13 octobre

Le 24 octobre 1975, en Islande, près de 90 % des femmes cessent tout travail, professionnel comme domestique, pendant une journée entière. Le pays est paralysé : écoles fermées, banques tenues par leurs seuls employés hommes, journaux qui ne paraissent qu’à moitié. Une loi sur l’égalité est votée quelques mois plus tard. Cinq ans après, l’Islande élit Vigdís Finnbogadóttir, première femme cheffe d’État élue au monde. Aujourd’hui encore, le pays reste numéro un mondial en matière d’égalité femmes-hommes, et compte parmi les plus heureux au monde.

Cette histoire, je la connaissais déjà un peu. Mais je ne m’attendais pas à la voir citée, cinquante ans plus tard, comme point de départ d’un nouveau mouvement mondial, porté cette fois par des figures issues de la politique, du sport de haut niveau et des institutions internationales. C’est pourtant exactement ce qui se passe avec World with Women, et j’ai décidé d’y participer personnellement, à Nantes, le 13 octobre prochain.

En résumé : World with Women, mouvement lancé en mars 2026 à Paris, appelle à une journée mondiale de mobilisation le 13 octobre 2026 pour faire de l’égalité femmes-hommes une priorité économique, en s’inspirant de la grève des Islandaises de 1975. Je participerai à Nantes, et je vous explique pourquoi.

World with Women, c’est quoi ?

Une mobilisation lancée à Paris en mars 2026

Le 30 mars 2026, au sommet ChangeNOW à Paris, Marie Eloy, l’ancienne ministre Elisabeth Moreno, l’ex-boxeuse olympique Sarah Ourahmoune, la directrice générale adjointe de l’UNESCO Gabriela Ramos et une cinquantaine d’autres femmes lancent World with Women. Leur constat de départ est simple et vertigineux : 89 % des chefs d’État dans le monde sont des hommes. Leur conviction : la mixité n’est plus un idéal à atteindre un jour, mais un levier stratégique immédiat, capable d’apporter plus d’innovation et plus de résilience face aux crises climatiques, économiques et géopolitiques actuelles. Pour porter ce message, elles appellent à une journée mondiale de mobilisation le 13 octobre 2026.

L’inspiration : la grève qui a arrêté l’Islande en 1975

Les fondatrices de World with Women le disent explicitement : leur modèle, c’est l’Islande de 1975. Ce jour-là, les Islandaises n’ont rien demandé : elles ont simplement démontré, par leur absence, à quel point la société reposait sur leur travail invisible, rémunéré ou non. Le choc a été suffisamment fort pour qu’une loi sur l’égalité soit votée quelques mois plus tard, puis pour qu’une femme accède à la plus haute fonction de l’État dès 1980. World with Women veut provoquer le même électrochoc à l’échelle mondiale, cette fois en s’adressant directement aux décideurs économiques et politiques plutôt qu’en appelant à une grève générale.

Pourquoi je m’engage, à mon échelle

Ce que représente ce combat pour ChocoClito

ChocoClito n’a jamais été qu’une histoire de bijoux. Chaque moulette que je fabrique porte une conviction : que le corps, la voix et la place des femmes n’ont pas à se négocier ni à attendre une date symbolique pour exister pleinement. Voir un mouvement comme World with Women reprendre l’histoire de la grève islandaise pour interpeller directement les sphères de pouvoir économiques, c’est exactement le genre de relais dont cette cause a besoin, à un autre niveau que celui de mon atelier. Ce n’est pas parce qu’on est une petite structure artisanale qu’on n’a rien à dire sur des sujets qui se jouent aussi dans les conseils d’administration et les grandes institutions.

Rendez-vous le 13 octobre à Nantes

Je serai donc présente à Nantes le 13 octobre, à mon échelle de cheffe d’entreprise engagée, pour représenter ChocoClito et rappeler qu’une petite structure peut, elle aussi, porter ce sujet publiquement. Je partagerai les détails pratiques de ma présence au fur et à mesure sur Instagram, au fil des annonces locales autour de cette journée.

Comment participer, où que vous soyez

Suivez le mouvement près de chez vous

Vous n’habitez pas à Nantes ? World with Women est justement pensé comme une mobilisation mondiale et décentralisée : le plus simple est de suivre le mouvement directement pour repérer une initiative près de chez vous le 13 octobre, ou d’en organiser une avec vos collègues, votre entreprise ou vos associations locales. Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise façon d’y participer : en parler autour de vous, relayer l’événement sur les réseaux, ou simplement en discuter à votre travail sont déjà des formes d’engagement à part entière.

Portez un symbole, ce jour-là comme les autres

Chez ChocoClito, on croit aussi au pouvoir des petits gestes visibles : porter, ce jour-là, un bijou qui affiche vos convictions reste une manière simple et concrète de faire partie du mouvement, où que vous soyez et quel que soit votre emploi du temps. Ce n’est pas une grève, mais c’est un signal, et parfois un signal suffit à lancer une conversation.

Rejoignez-moi, à Nantes ou ailleurs, le 13 octobre prochain, pour faire un peu de bruit autour de la mixité. Et suivez ChocoClito sur Instagram, @choco_clito, pour tous les détails à venir sur cette journée.

Publié le — Laisser un commentaire

Ces Françaises qui ont fait l’histoire du féminisme

Le 1er juillet 2018, la France entière suit en direct l’entrée de Simone Veil au Panthéon. Rescapée de la Shoah, ministre de la Santé à l’origine de la loi dépénalisant l’avortement en 1975, elle devient ce jour-là seulement la cinquième femme à reposer dans cette nécropole censée honorer les grands noms de l’Histoire de France, aux côtés d’une bonne quatre-vingtaine d’hommes. Un chiffre qui en dit long sur la place que l’Histoire officielle a longtemps réservée aux femmes qui l’ont pourtant faite, souvent au prix de leur réputation, parfois au prix de leur vie.

Chez ChocoClito, on aime rappeler que le combat féministe n’a pas commencé avec notre génération, ni même avec celle de nos mères. Portrait de cinq Françaises qui ont, chacune à leur façon et à leur époque, ouvert la voie, sur plus de deux siècles d’histoire.

En résumé : De la Révolution française à la loi sur l’avortement, cinq Françaises ont marqué l’histoire du féminisme : Olympe de Gouges, guillotinée en 1793 ; Hubertine Auclert, qui réhabilite le mot « féministe » en 1882 ; Simone de Beauvoir ; puis Simone Veil et Gisèle Halimi, artisanes de la loi de 1975.

Les racines : la Révolution et le XIXe siècle

Olympe de Gouges (1748-1793), la première déclaration

Née Marie Gouze en 1748 à Montauban, elle s’installe à Paris après un veuvage précoce et se lance dans l’écriture, entre pièces de théâtre engagées contre l’esclavage, comme L’Esclavage des Noirs, et pamphlets politiques sur le divorce ou les enfants nés hors mariage. En 1791, en pleine Révolution française, elle publie la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, réponse directe à la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen qui avait totalement ignoré les femmes deux ans plus tôt. Son article premier proclame que la femme naît et demeure égale à l’homme en droits. Son dixième article restera célèbre : elle y affirme que si la femme a le droit de monter à l’échafaud, elle doit également avoir celui de monter à la tribune. Une formule prémonitoire : opposante politique à Robespierre pendant la Terreur, elle est guillotinée en 1793, à l’âge de 45 ans. Malgré une campagne menée depuis 1989 par plusieurs historiennes, elle n’est toujours pas entrée au Panthéon à ce jour ; en 2025, son parcours a néanmoins fait l’objet d’un film porté par Julie Gayet et d’une nouvelle étude au programme du baccalauréat de français, signe que sa voix continue de porter, plus de deux siècles après sa mort.

Hubertine Auclert (1848-1914), celle qui a réhabilité le mot « féministe »

Née un siècle plus tard, elle choisit un autre terrain de lutte : celui du droit de vote. Fondatrice de la société Le Suffrage des femmes et de son journal La Citoyenne, elle est surnommée la « suffragette française ». C’est également elle qui, en 1882, reprend et réhabilite le mot « féministe », jusque-là utilisé de façon méprisante par ses détracteurs, pour en faire un étendard revendiqué. Elle organise dès 1880 des grèves de l’impôt, estimant que des femmes privées de représentation politique ne devraient pas être imposables, et milite en parallèle pour la féminisation de la langue française, convaincue que les mots eux-mêmes contribuent à effacer les femmes de l’espace public. Elle meurt en 1914, trente ans avant que les Françaises n’obtiennent enfin le droit de vote, en 1944.

Le tournant intellectuel : Simone de Beauvoir

Le Deuxième Sexe, un choc philosophique

Il faudra attendre le milieu du XXe siècle pour un tournant résolument intellectuel. En 1949, Simone de Beauvoir publie Le Deuxième Sexe, un essai philosophique en deux tomes qui pose l’idée, depuis devenue centrale dans la pensée féministe, qu’« on ne naît pas femme, on le devient ». L’ouvrage, qui analyse comment la société construit les rôles assignés aux femmes plutôt que de les considérer comme naturels, choque une bonne partie de la critique littéraire de l’époque avant de devenir un texte fondateur pour les générations de militantes suivantes.

Une intellectuelle engagée dans l’action

Beauvoir ne reste pas seulement autrice : en 1971, elle rédige et signe le Manifeste des 343, une pétition dans laquelle 343 femmes, dont plusieurs célébrités, déclarent publiquement avoir avorté, en pleine illégalité, pour réclamer le droit à l’avortement libre.

Les conquêtes des années 1970 : Simone Veil et Gisèle Halimi

Gisèle Halimi (1927-2020), l’avocate de toutes les causes

C’est précisément ce combat que porteront, quelques années plus tard, Gisèle Halimi et Simone Veil. En 1972, l’avocate Gisèle Halimi défend, lors du procès de Bobigny, une adolescente jugée pour avoir avorté après un viol, aux côtés de sa mère poursuivie pour complicité. Sa plaidoirie retentissante transforme un fait divers en procès politique de la loi elle-même, obtient la relaxe des accusées, et contribue à faire basculer l’opinion publique. Cofondatrice du mouvement Choisir la cause des femmes aux côtés de Simone de Beauvoir, elle obtiendra plus tard, avec le procès d’Aix en 1978, une autre victoire majeure : la reconnaissance du viol comme crime, actée par la loi de 1980.

Simone Veil (1927-2017) et la loi sur l’avortement

Trois ans après Bobigny, en 1975, la ministre de la Santé Simone Veil porte devant une Assemblée nationale largement hostile le projet de loi qui dépénalise l’interruption volontaire de grossesse. Rescapée des camps de la mort, elle affronte pendant plusieurs jours de débats des attaques d’une rare violence avant de faire adopter ce texte, resté depuis associé à son nom : la loi Veil. Élue quatre ans plus tard première présidente du Parlement européen, elle entrera au Panthéon en 2018, un an après sa mort, aux côtés de son époux Antoine.

De la plume d’Olympe de Gouges à la voix de Simone Veil à la tribune de l’Assemblée, ces cinq femmes partagent un même point commun, par-delà les époques et les méthodes : elles ont dû se rendre visibles, prendre la parole en public, écrire, plaider, manifester, parfois au péril de leur vie, pour être seulement entendues. Comme on le rappelait dans notre article sur les bijoux féministes au quotidien, cette nécessité de se faire voir pour faire avancer une cause n’a pas disparu avec elles : elle se prolonge aujourd’hui dans des gestes bien plus simples et bien moins risqués, comme celui de porter un bijou qui affiche ses convictions sans avoir à les justifier sans cesse.

Envie de perpétuer cette histoire à votre façon, et sans attendre qu’une rue porte votre nom ? Découvrez la collection ChocoClito sur chococlito.fr, et suivez nos portraits de militantes, passées et présentes, sur Instagram, @choco_clito.

Publié le — Laisser un commentaire

Le calendrier féministe : 8 dates à connaître absolument

Dans deux semaines, le 28 septembre, se tiendra la Journée internationale pour le droit à l’avortement. Il y a de fortes chances que vous ne le sachiez pas — et c’est bien tout le problème. Le calendrier féministe compte une bonne dizaine de dates officielles, certaines reconnues par l’ONU depuis des décennies, d’autres bien plus récentes, et la plupart restent largement méconnues du grand public, noyées entre le 8 mars et le reste de l’année.

Chez ChocoClito, on a décidé de les rassembler à un seul endroit, avec leur origine exacte et ce qu’elles signifient vraiment, plutôt que de se contenter d’un post Instagram une fois par an. De quoi ne plus être prise au dépourvu, et repérer les bonnes occasions de porter votre moulette avec un peu plus d’intention encore.

En résumé : Le calendrier féministe compte au moins huit dates officielles à connaître : du 6 février (tolérance zéro aux mutilations génitales) au 25 novembre (violences faites aux femmes), en passant par le 8 mars, le 22 mai et l’Equal Pay Day, recalculé chaque année.

Les dates fondatrices : droits et représentation

8 mars : la Journée internationale des droits des femmes

Sans doute la plus connue de toutes, reconnue officiellement par les Nations Unies depuis 1977 seulement, alors que son histoire remonte à bien plus tôt. Tout commence en 1910, lorsque la militante allemande Clara Zetkin propose, lors d’une conférence internationale des femmes socialistes à Copenhague, la création d’une journée annuelle dédiée aux droits des femmes, sans toutefois fixer de date précise. Il faudra attendre 1917 pour que le 8 mars s’impose vraiment : ce jour-là, les ouvrières de Petrograd, en Russie, se mettent en grève pour réclamer « du pain et la paix », un mouvement qui contribuera au déclenchement de la révolution russe. La date, devenue peu à peu une tradition mondiale après 1945, n’obtiendra sa reconnaissance officielle par l’ONU que soixante ans plus tard.

11 octobre : la Journée internationale de la fille

Nettement moins connue, cette journée a été créée par une résolution de l’Assemblée générale des Nations Unies adoptée le 19 décembre 2011, à l’initiative du Canada. Elle a été célébrée pour la première fois en 2012, avec un premier thème consacré à la lutte contre les mariages d’enfants, et rappelle chaque année que les inégalités de genre commencent souvent bien avant l’âge adulte.

Les dates du corps, de la santé et du plaisir

22 mai : la Journée internationale du clitoris

Née à Bruxelles en 2019, à l’initiative de plusieurs associations féministes belges et françaises, avec l’installation d’une sculpture géante place du Luxembourg pour marquer les esprits. On vous racontait son histoire en détail dans notre article sur l’histoire du clitoris : elle vise à combler des décennies d’ignorance médicale et scolaire autour de cet organe, dont la structure complète n’a été scientifiquement cartographiée qu’en 1998.

28 septembre : la Journée internationale pour le droit à l’avortement

Cette journée existe depuis la fin des années 1990, portée à l’origine par des réseaux féministes d’Amérique latine et des Caraïbes avant de s’internationaliser. Chaque année, des mobilisations ont lieu dans de nombreux pays pour rappeler que ce droit reste fragile, y compris dans des démocraties : en 2024, la France est devenue le premier pays au monde à inscrire la liberté de recourir à l’IVG dans sa Constitution, une avancée présentée comme définitive mais qui n’empêche pas d’autres pays, y compris en Europe, de restreindre voire d’interdire l’accès à l’avortement la même année.

Les dates de lutte contre les violences

25 novembre : le lancement des 16 jours d’activisme

Le 25 novembre marque le lancement des 16 jours d’activisme contre les violences basées sur le genre, une campagne mondiale qui court jusqu’au 10 décembre, Journée internationale des droits humains, reliant symboliquement les deux luttes. Cette date du 25 novembre commémore l’assassinat, en 1960, des sœurs Mirabal, trois militantes politiques dominicaines surnommées « Las Mariposas » (les papillons), tuées sur ordre du dictateur Rafael Trujillo pour avoir résisté à son régime. Leur histoire, longtemps restée locale, est devenue depuis un symbole international de la lutte contre les violences faites aux femmes.

6 février : tolérance zéro à l’égard des mutilations génitales féminines

Instaurée par l’Assemblée générale des Nations Unies en 2012, cette journée cherche à intensifier l’action mondiale pour éliminer cette pratique reconnue comme une violation des droits humains. Selon l’Organisation mondiale de la santé, plus de 230 millions de filles et de femmes dans le monde ont subi une mutilation génitale, et environ 4 millions de filles supplémentaires restent exposées à ce risque chaque année, principalement en Afrique et au Moyen-Orient.

Les dates de l’émancipation professionnelle et scientifique

L’Equal Pay Day, ou le jour où les Françaises « arrêtent d’être payées »

Cette date n’a rien de fixe au calendrier : elle est recalculée chaque année depuis 2016 par la newsletter féministe Les Glorieuses, fondée par l’économiste Rebecca Amsellem. Le principe : convertir l’écart salarial entre femmes et hommes en jours travaillés « gratuitement » en fin d’année, à partir des statistiques Eurostat. En 2023, cette date symbolique tombait le 6 novembre à 11h25 ; en 2024, elle avait légèrement reculé au 8 novembre à 16h48, un progrès si lent que Les Glorieuses elles-mêmes le qualifient de « stagnation ».

11 février : la Journée internationale des femmes et des filles de science

Adoptée par l’Assemblée générale des Nations Unies fin 2015 et célébrée pour la première fois en 2016 lors d’un forum au siège de l’ONU. Elle vise à donner plus de visibilité aux chercheuses et à encourager les vocations scientifiques chez les filles, dans des filières comme la physique, l’ingénierie ou le numérique, où elles restent encore largement minoritaires malgré des progrès réguliers ces dernières années.

Connaître ces dates, ce n’est pas cocher des cases sur un calendrier : c’est se donner des occasions régulières, tout au long de l’année, de reparler de sujets qu’on a trop souvent tendance à ranger dans un coin après le 8 mars. Comme on l’expliquait dans notre article sur les bijoux féministes au quotidien, un symbole porté au bon moment a un pouvoir de conversation que peu d’autres gestes possèdent. C’est aussi, tout simplement, l’occasion parfaite pour ressortir sa moulette à paillettes, en solidarité ou pour ouvrir la discussion avec quelqu’un qui ne connaît pas encore la date du jour.

Gardez ce calendrier sous le coude, épinglez-le, partagez-le à qui vous voulez : plus on en parle, moins ces dates resteront confidentielles d’une année sur l’autre. Et si l’une d’elles vous donne particulièrement envie de compléter votre collection, direction chococlito.fr, ou suivez nos rappels au fil de l’année sur Instagram, @choco_clito.

Publié le — Laisser un commentaire

La moulette à paillettes : dans les coulisses de sa création

Sur la fiche produit, la moulette à paillettes a l’air simple : un peu de résine, une pointe de paillettes, une petite perle. Ce que la photo ne montre pas, ce sont les mois de tests qu’il a fallu pour en arriver là : des dizaines de moules en silicone essayés, des résines qui craquelaient ou jaunissaient au bout de quelques semaines, des paillettes qui migraient mal dans le mélange, et des crochets repensés une bonne dizaine de fois avant de trouver la bonne forme. Je vous emmène dans les coulisses de notre bijou le plus emblématique.

Voici plusieurs mois que je moule des prototypes dans mon atelier nantais, que je teste des silicones, des résines, des peintures à paillettes et des systèmes d’accroche différents. Ce que je voulais, ce n’était pas juste un joli bijou : c’était un bijou qui tienne, qui ne jaunisse pas, qui brille vraiment, et surtout, qui s’adapte à chacune. C’est ce chemin-là que j’ai envie de vous raconter.

En résumé : La moulette à paillettes est un bijou fait main à Nantes, en résine époxy pailletée sans nickel, disponible en plusieurs coloris, tailles et attaches. Sa perle nacrée symbolise le clitoris, et le générateur de personnalisation permet à chacune de composer sa version.

Des mois de tests avant le premier prototype réussi

Silicone, résine, paillettes : le long chemin du bon dosage

Avant même de penser à la couleur ou à la forme finale, il a fallu trouver le bon moule. Un moule en silicone trop souple déforme la pièce en séchant, un moule trop rigide abîme les détails fins au démoulage, notamment le petit renflement central qui donne à la moulette sa forme si particulière. Plusieurs générations de moules ont fini à la poubelle avant de trouver la bonne texture et la bonne dureté. Ensuite, direction la résine : certaines formules jaunissaient au bout de quelques semaines au soleil, d’autres restaient collantes trop longtemps ou craquelaient au démoulage, et les paillettes les plus fines avaient tendance à toutes remonter à la surface au lieu de rester réparties dans la masse. J’ai fini par choisir une résine époxy pensée pour tenir dans la durée, dans laquelle les pigments et les paillettes sont incorporés à la bonne viscosité pour un rendu qui accroche vraiment la lumière, sans jamais ternir.

Le crochet parfait, un vrai casse-tête créatif

L’attache a été, de loin, l’élément le plus long à mettre au point. Je voulais un crochet élégant, fin, qui tombe joliment, pensé pour celles qui aiment superposer plusieurs boucles à différents niveaux quand elles ont plusieurs trous aux oreilles, sans jamais s’emmêler ni tirer sur le lobe. Une bonne dizaine de versions sont passées à la poubelle avant que je trouve la bonne épaisseur de fil doré. En parallèle, j’ai développé une version en créoles de 20 millimètres, pensée pour celles qui préfèrent accrocher une pampille différente chaque jour plutôt que de porter toujours la même paire. Bonus auquel je ne m’attendais pas en la concevant : en grande taille, la créole est assez large pour se porter avec un écarteur, ce qui n’était clairement pas prévu au départ, mais que plusieurs clientes concernées m’ont signalé avec enthousiasme depuis.

La symbolique d’un bijou qui ne s’excuse de rien

Une perle qui dit les choses clairement

Chaque personne étant différente, je ne voulais surtout pas imposer un seul modèle figé. C’est de cette conviction qu’est né le générateur de moulettes, disponible directement sur la fiche produit : on choisit sa couleur parmi cinq teintes résine (bleu foncé, bleu turquoise, doré cuivré, rose violine, caramel), avec ou sans perle, en crochets dorés ou argentés ou en créoles 20 millimètres, et en taille moyenne (3 x 2 cm) ou grande (4 x 2,5 cm).

La petite perle nacrée n’est pas un simple détail décoratif : elle symbolise le clitoris, avec la même franchise que ce qu’on vous racontait dans notre article sur l’histoire du clitoris. Certaines clientes la choisissent bien visible, d’autres préfèrent l’option « sans perle », plus abstraite, pour un clin d’œil plus discret au bureau. Les deux versions portent exactement le même message ; seul le niveau de discrétion change.

Le générateur de moulettes : un bijou qui s’adapte à vous

Ce même principe de liberté guide tout le reste de la gamme : comme on l’expliquait dans notre article sur les bijoux féministes au quotidien, un bijou militant n’a de sens que si on peut vraiment se l’approprier. Le générateur de moulettes n’est donc pas un simple gadget marketing, c’est la traduction concrète de cette idée : le bijou s’adapte à vous, pas l’inverse.

Bien choisir et entretenir sa moulette

Crochets, créoles ou grande taille : comment choisir

Pas de mauvaise réponse ici, seulement des préférences. Le crochet doré ou argenté classique convient à la grande majorité des lobes et se change facilement au quotidien. La créole 20 millimètres, elle, est pensée pour celles qui aiment accrocher une pampille différente selon l’humeur du jour, ou qui portent un écarteur et cherchaient enfin une option adaptée à leur taille. Entre les deux tailles proposées, la moyenne (3 cm) convient pour un usage quotidien discret, la grande (4 cm) pour un effet plus affirmé.

Nos conseils d’entretien

La résine époxy craint les chocs, les parfums ou crèmes appliqués directement dessus et l’exposition prolongée au soleil, qui peut à la longue ternir l’éclat des paillettes. Un simple passage au chiffon doux après chaque port suffit à garder la brillance intacte ; évitez en revanche l’eau chaude, la piscine et l’eau de mer, qui peuvent fragiliser la résine sur le long terme. Toutes nos attaches sont en apprêts métalliques dorés ou argentés sans nickel, pensés pour les oreilles sensibles et les allergies aux métaux. Rangez vos moulettes à plat, à l’abri de la lumière directe et de préférence séparées des autres bijoux pour éviter les rayures, et elles vous accompagneront pendant des années.

J’aime savoir que ce petit bijou, né de plusieurs mois d’essais dans mon atelier, se retrouve maintenant aux oreilles de parfaites inconnues, dans une combinaison de couleurs et d’attaches que je n’aurais peut-être même pas imaginée moi-même. C’est exactement pour ça que j’ai créé le générateur plutôt qu’un modèle unique : pour que chacune reparte avec sa version à elle, et pas avec la mienne.

Envie de composer la vôtre ? Direction le générateur de moulettes à paillettes sur chococlito.fr, et suivez les coulisses de l’atelier au jour le jour sur Instagram, @choco_clito.

Publié le — Laisser un commentaire

Bijoux féministes : pourquoi les porter au quotidien

4 mars 2024 : sur la tour Eiffel s’affiche en lettres géantes « Mon corps, mon choix ». Au même moment, au Trocadéro, des dizaines de foulards verts triangulaires flottent dans la foule venue célébrer l’inscription du droit à l’avortement dans la Constitution française. Ce petit bout de tissu vert, né dans les rues de Buenos Aires au début des années 2000, est devenu en quelques années le symbole mondial du combat pour les droits reproductifs. Preuve, s’il en fallait une, qu’un simple objet porté sur soi peut raconter tout un combat.

Chez ChocoClito, on croit dur comme fer à ce pouvoir-là. Nos moulettes à paillettes ne sont pas de simples bijoux : elles perpétuent une tradition bien plus ancienne qu’on ne le pense, celle du symbole qu’on porte pour affirmer ce qu’on pense. Alors, pourquoi un bout de résine ou de tissu peut-il devenir un acte militant ? Remontons le fil.

En résumé : Porter un bijou féministe au quotidien, c’est afficher ses valeurs et normaliser des combats encore tabous. Cette pratique remonte aux suffragettes du début du XXe siècle et se prolonge aujourd’hui via des symboles comme le foulard vert ou les bijoux représentant le corps, telle la moulette à paillettes de ChocoClito.

Le bijou, longtemps un objet de pouvoir… qu’on a fini par se réapproprier

Quand le bijou signifiait la possession

Historiquement, le bijou féminin n’a pas toujours été un outil d’émancipation. Pendant des siècles, il a surtout servi à afficher le statut social ou la richesse… du mari ou du père qui l’offrait. Offert, il pouvait aussi lier, voire assujettir celle qui le portait à celui qui le lui donnait : une bague de fiançailles, une parure de mariage, autant de symboles de propriété que d’affection. Ce n’est qu’avec l’émancipation progressive des femmes, au cours du XXe siècle, que le bijou a commencé à changer de camp, pour devenir un objet que l’on choisit soi-même, et qui parle en son propre nom.

Les suffragettes, pionnières du bijou militant

Le tournant a lieu au tout début du XXe siècle, dans l’Angleterre édouardienne. En 1903, Emmeline Pankhurst fonde à Londres la Women’s Social and Political Union (WSPU), dont les couleurs, violet, blanc et vert, deviennent un code politique porté fièrement en broche, en ruban ou en bijou. Le violet symbolise la dignité, le blanc la pureté de la cause, le vert l’espoir : un vocabulaire visuel que n’importe quelle sympathisante pouvait porter, même sans jamais avoir été arrêtée.

Sa fille Sylvia Pankhurst dessine la célèbre Holloway Brooch, remise dès 1909 à chaque suffragette à sa sortie de prison. En forme de porte de prison, elle est alors surnommée, dans la presse du mouvement, la « Croix de Victoria » de l’organisation. Une médaille de grève de la faim complète parfois la panoplie, décernée à celles qui avaient enduré l’alimentation forcée. Mais l’essentiel se jouait aussi en dehors des moments de procès ou de prison : porter les couleurs violet, blanc et vert un jour ordinaire, en broche ou en ruban, suffisait à afficher son camp sans avoir besoin de prononcer un mot.

Un symbole qu’on porte, un message qui voyage

Le foulard vert, un symbole devenu mondial

Le foulard vert évoqué plus haut suit exactement la même logique. Popularisé en Argentine à partir du milieu des années 2000 par la Campagne nationale pour le droit à l’avortement légal, sûr et gratuit, il reprend le motif du foulard blanc porté par les Mères de la Place de Mai, ces femmes qui réclamaient la vérité sur leurs enfants disparus pendant la dictature. Le symbole a depuis traversé les frontières, jusqu’à devenir un marqueur visuel du mouvement pour les droits reproductifs dans le monde entier, y compris en France.

Pourquoi un symbole visible change la donne

Porter un signe militant à la vue de tous a un triple effet : il affirme une conviction sans avoir besoin de la justifier sans cesse, il permet à des inconnues de se reconnaître entre elles en quelques secondes dans une file d’attente ou une salle de réunion, et il normalise, avec le temps, des sujets encore tabous. C’est exactement le rôle que joue un bijou explicitement féministe porté un jour ordinaire, au bureau comme en soirée : il n’attend pas une date symbolique pour exister.

Le corps comme terrain de réappropriation

La tendance des bijoux qui célèbrent le corps

Depuis quelques années, une nouvelle catégorie de bijoux gagne du terrain : les « bijoux de corps », qui mettent en valeur des parties du corps rarement montrées, poitrine, hanches, vulve ou clitoris. Leur objectif, selon les créatrices qui les conçoivent, est de réconcilier celles qui les portent avec leur propre anatomie, souvent après des années de complexes entretenus en silence. La vulve et le clitoris en particulier sont devenus, ces dernières années, une sorte de mascotte visuelle des revendications féministes, un peu comme on vous le racontait dans notre article sur l’histoire du clitoris : même bataille de visibilité, mêmes résistances, même victoire progressive. Une coach et sexologue française raconte ainsi avoir créé ses premières pièces pour une amie qui se trouvait trop peu féminine à cause d’une poitrine qu’elle jugeait trop petite : le bijou, en la rendant fière plutôt que gênée, a changé le regard qu’elle portait sur elle-même.

La moulette à paillettes, notre bijou-manifeste

C’est très exactement dans cette filiation que s’inscrit la moulette à paillettes de ChocoClito. Coulée à la main dans notre atelier, en résine saturée de paillettes autour d’une perle clitoridienne, elle ne se contente pas d’orner : elle affirme. Disponible en plusieurs coloris, du rose fluo au bleu électrique, elle peut se porter en broche sur une veste de tous les jours, en pendentif discret sous un col, ou s’offrir en duo à une amie qui a besoin qu’on lui rappelle qu’elle a le droit d’être fière de son corps. La porter au quotidien, c’est reprendre, plus d’un siècle après les suffragettes, exactement le même geste : transformer un accessoire en déclaration.

Un dernier conseil de pro : évitez de dormir ou de nager avec votre moulette, la résine n’aime ni l’humidité prolongée ni les chocs répétés ; un simple rangement à plat dans son écrin, loin d’une source de chaleur directe, suffit à la préserver entre deux sorties.

Des suffragettes de 1909 aux foulards verts de 2024, un même geste traverse l’histoire : porter, haut et fort, ce en quoi on croit, sans attendre la permission de personne. Chez ChocoClito, on continue cette histoire à notre manière, avec un peu plus de paillettes.

Découvrez la collection de bijoux militants sur chococlito.fr et rejoignez la communauté ChocoClito sur Instagram, @choco_clito, pour ne rater aucun combat ni aucune nouveauté pailletée.

Publié le — Laisser un commentaire

Histoire du clitoris : d’un organe tabou à icône pop

Été 2024 : Paris dévoile les mascottes officielles des Jeux Olympiques, deux bonnets phrygiens rouges et pétillants, avec une silhouette arrondie posée sur deux jambes fines. Sur les réseaux sociaux, une bonne partie d’Internet y voit surtout… une paire de clitoris. Loin d’être gênant, le clin d’œil a plutôt amusé les militantes féministes : la preuve, disaient-elles, que l’organe le plus tabou du corps humain commençait enfin à sortir de l’ombre.

Chez ChocoClito, on porte ce combat depuis toujours, en résine et en paillettes. Alors comment un petit organe longtemps rayé des livres de médecine est-il devenu un motif qu’on ose porter en broche ? Remontons le fil de son histoire.

En résumé : Longtemps réduit à un point sur les schémas scolaires, le clitoris n’a été entièrement cartographié qu’en 1998 par l’urologue Helen O’Connell. Depuis 2019, une Journée internationale du clitoris (22 mai) et plusieurs associations féministes militent pour sa reconnaissance, son enseignement et la fin du tabou entourant le plaisir féminin.

Le clitoris, un organe rayé de l’histoire pendant un siècle

Connu depuis l’Antiquité, oublié dès le XXe siècle

Le clitoris n’a rien d’une découverte récente. Dès l’Antiquité, Hippocrate évoquait déjà son rôle dans le plaisir féminin. Au XVIe siècle, l’anatomiste italien Realdo Colombo en propose l’une des premières descriptions médicales, suivi en 1844 par l’Allemand Georg Ludwig Kobelt, qui en dessine une anatomie détaillée et fidèle.

Pourtant, à partir du début du XXe siècle, l’organe disparaît quasiment des manuels et traités médicaux. Réduit à un simple point sur les schémas, voire totalement absent, il devient la victime d’un désintérêt persistant de la recherche scientifique pour le plaisir féminin, pendant qu’un siècle de littérature médicale continue de détailler l’anatomie masculine dans ses moindres recoins.

1998 : la redécouverte scientifique du clitoris

Il faudra attendre 1998 pour qu’une description anatomique complète soit enfin publiée, grâce à l’urologue australienne Helen O’Connell. En s’appuyant sur des dissections puis, en 2005, sur l’imagerie par résonance magnétique, elle révèle plusieurs éléments majeurs :

  • le clitoris ne se limite pas à son gland visible, la partie émergée d’un iceberg bien plus vaste ;
  • sa structure complète, gland, corps, bulbes vestibulaires et racines internes réunis, mesure en moyenne entre 9 et 11 centimètres ;
  • son gland concentre à lui seul environ 8 000 terminaisons nerveuses, ce qui fait de lui le seul organe du corps humain entièrement dédié au plaisir.

Ces travaux, complétés depuis par tout un réseau international de chercheuses et de cliniciennes, ont changé la donne scientifique : ils infusent peu à peu la formation du personnel médical, les manuels scolaires et même le vocabulaire courant. Mais dans la société, le chemin restait encore long.

Une Journée internationale pour un organe encore tabou

22 mai : pourquoi cette date existe

C’est à Bruxelles, le 22 mai 2019, que plusieurs associations féministes belges et françaises, parmi lesquelles Amazone, la Coordination française du Lobby européen des femmes ou encore Dessine-moi un clito, lancent la toute première Journée internationale du clitoris. Un clitoris géant est installé place du Luxembourg pour l’occasion. L’objectif affiché : donner enfin de la visibilité à un organe qu’aucun manuel scolaire ne représentait correctement à l’époque.

Depuis, l’événement essaime chaque année : sculpture gonflable géante installée face à la tour Eiffel un 8 mars, exposition consacrée à l’organe à l’Université libre de Bruxelles, parade festive dans les rues de Saint-Gilles… Le clitoris géant est devenu, presque malgré lui, un habitué de l’espace public, porté par des collectifs féministes qui refusent de le laisser retomber dans l’oubli une fois la date symbolique passée.

L’école aussi doit rattraper son retard

En 2016, un rapport du Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes révélait qu’une fille de 15 ans sur quatre ignorait posséder un clitoris, et que 83 % d’entre elles n’en connaissaient pas la fonction, contre 68 % des garçons du même âge qui, eux, le savaient. À la même époque, aucun des huit manuels scolaires de SVT alors publiés en France ne le représentait correctement : certains le réduisaient à un point, d’autres l’ignoraient purement et simplement.

Il faudra attendre la rentrée 2017 pour qu’un éditeur scolaire intègre enfin une représentation exacte et à l’échelle du clitoris dans ses manuels, un an après qu’une chercheuse a mis en ligne, en libre accès, le tout premier modèle 3D imprimable de l’organe. Un petit pas éditorial, mais un vrai symbole : celui d’une génération qui apprend enfin à se dessiner en entier.

Du tabou à l’icône pop : porter le symbole

Le clitoris s’invite dans la culture populaire

L’épisode des mascottes olympiques n’est qu’un exemple parmi d’autres. Sculptures géantes installées devant des monuments, comptes Instagram dédiés à l’éducation sexuelle, websérie engagée, dictionnaire participatif du plaisir féminin en ligne : depuis quelques années, le clitoris quitte les livres d’anatomie pour s’afficher, en rose et en bleu électrique, sur les murs et les réseaux sociaux. Certaines associations le rappellent d’ailleurs avec ironie : la recherche scientifique s’est longtemps davantage penchée sur la vie sexuelle des éléphants que sur celle des femmes.

Cette visibilité nouvelle change aussi le rapport des femmes à leur propre corps. Nommer, représenter et célébrer cet organe, c’est aussi se réapproprier une part de sa sexualité trop longtemps laissée dans l’ombre.

La moulette à paillettes, notre manière de porter le combat

C’est exactement l’esprit dans lequel est née la moulette à paillettes, la pièce fétiche de ChocoClito. Chaque moulette est coulée à la main dans notre atelier, en résine colorée saturée de paillettes, autour d’une perle clitoridienne qui trône fièrement au centre du bijou. Bleu électrique, rose fluo ou violet pailleté : chaque coloris raconte une facette différente du même message. Le geste, lui, ne change jamais : couler la résine, glisser la perle au bon endroit, laisser durcir, puis polir jusqu’à ce que la lumière accroche chaque paillette. Porter une moulette en broche ou en pendentif, ce n’est pas juste un accessoire : c’est afficher, sans complexe, que le plaisir féminin n’a plus à se cacher.

Côté entretien, la résine craint les chocs et l’exposition prolongée au soleil : un petit coup de chiffon doux après chaque port suffit à garder toutes ses paillettes intactes, saison après saison.

Le clitoris a mis un siècle à ressortir des livres d’anatomie. Il ne lui reste plus qu’à s’installer, sans complexe, dans nos bijoux, nos conversations et nos garde-robes. Chez ChocoClito, on a fait ce choix depuis le premier jour : porter fièrement ce qu’on nous a longtemps appris à cacher.

Craquez pour votre moulette à paillettes sur chococlito.fr, et rejoignez une communauté qui n’a plus peur des mots : on vous attend tous les jours sur Instagram, @choco_clito, pour encore plus de fierté pailletée.

FAQ

Pourquoi le clitoris a-t-il été aussi longtemps ignoré par la médecine ?

Parce que la recherche médicale s’est historiquement concentrée sur l’anatomie masculine et la fonction reproductive, laissant de côté le plaisir féminin. Sa structure complète n’a été cartographiée qu’en 1998 par l’urologue australienne Helen O’Connell, grâce à l’imagerie médicale moderne.

Quand a lieu la Journée internationale du clitoris ?

Elle se tient chaque année le 22 mai, depuis son lancement à Bruxelles en 2019 par plusieurs associations féministes. L’objectif est de sensibiliser le grand public à cet organe encore largement méconnu.

Quelle est la taille réelle du clitoris ?

Contrairement à l’idée reçue, le clitoris ne se limite pas à son gland visible : sa structure complète, bulbes et racines internes compris, mesure en moyenne entre 9 et 11 centimètres. Le gland, lui, concentre à lui seul environ 8 000 terminaisons nerveuses.