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La moulette à paillettes : dans les coulisses de sa création

Sur la fiche produit, la moulette à paillettes a l’air simple : un peu de résine, une pointe de paillettes, une petite perle. Ce que la photo ne montre pas, ce sont les mois de tests qu’il a fallu pour en arriver là : des dizaines de moules en silicone essayés, des résines qui craquelaient ou jaunissaient au bout de quelques semaines, des paillettes qui migraient mal dans le mélange, et des crochets repensés une bonne dizaine de fois avant de trouver la bonne forme. Je vous emmène dans les coulisses de notre bijou le plus emblématique.

Voici plusieurs mois que je moule des prototypes dans mon atelier nantais, que je teste des silicones, des résines, des peintures à paillettes et des systèmes d’accroche différents. Ce que je voulais, ce n’était pas juste un joli bijou : c’était un bijou qui tienne, qui ne jaunisse pas, qui brille vraiment, et surtout, qui s’adapte à chacune. C’est ce chemin-là que j’ai envie de vous raconter.

En résumé : La moulette à paillettes est un bijou fait main à Nantes, en résine époxy pailletée sans nickel, disponible en plusieurs coloris, tailles et attaches. Sa perle nacrée symbolise le clitoris, et le générateur de personnalisation permet à chacune de composer sa version.

Des mois de tests avant le premier prototype réussi

Silicone, résine, paillettes : le long chemin du bon dosage

Avant même de penser à la couleur ou à la forme finale, il a fallu trouver le bon moule. Un moule en silicone trop souple déforme la pièce en séchant, un moule trop rigide abîme les détails fins au démoulage, notamment le petit renflement central qui donne à la moulette sa forme si particulière. Plusieurs générations de moules ont fini à la poubelle avant de trouver la bonne texture et la bonne dureté. Ensuite, direction la résine : certaines formules jaunissaient au bout de quelques semaines au soleil, d’autres restaient collantes trop longtemps ou craquelaient au démoulage, et les paillettes les plus fines avaient tendance à toutes remonter à la surface au lieu de rester réparties dans la masse. J’ai fini par choisir une résine époxy pensée pour tenir dans la durée, dans laquelle les pigments et les paillettes sont incorporés à la bonne viscosité pour un rendu qui accroche vraiment la lumière, sans jamais ternir.

Le crochet parfait, un vrai casse-tête créatif

L’attache a été, de loin, l’élément le plus long à mettre au point. Je voulais un crochet élégant, fin, qui tombe joliment, pensé pour celles qui aiment superposer plusieurs boucles à différents niveaux quand elles ont plusieurs trous aux oreilles, sans jamais s’emmêler ni tirer sur le lobe. Une bonne dizaine de versions sont passées à la poubelle avant que je trouve la bonne épaisseur de fil doré. En parallèle, j’ai développé une version en créoles de 20 millimètres, pensée pour celles qui préfèrent accrocher une pampille différente chaque jour plutôt que de porter toujours la même paire. Bonus auquel je ne m’attendais pas en la concevant : en grande taille, la créole est assez large pour se porter avec un écarteur, ce qui n’était clairement pas prévu au départ, mais que plusieurs clientes concernées m’ont signalé avec enthousiasme depuis.

La symbolique d’un bijou qui ne s’excuse de rien

Une perle qui dit les choses clairement

Chaque personne étant différente, je ne voulais surtout pas imposer un seul modèle figé. C’est de cette conviction qu’est né le générateur de moulettes, disponible directement sur la fiche produit : on choisit sa couleur parmi cinq teintes résine (bleu foncé, bleu turquoise, doré cuivré, rose violine, caramel), avec ou sans perle, en crochets dorés ou argentés ou en créoles 20 millimètres, et en taille moyenne (3 x 2 cm) ou grande (4 x 2,5 cm).

La petite perle nacrée n’est pas un simple détail décoratif : elle symbolise le clitoris, avec la même franchise que ce qu’on vous racontait dans notre article sur l’histoire du clitoris. Certaines clientes la choisissent bien visible, d’autres préfèrent l’option « sans perle », plus abstraite, pour un clin d’œil plus discret au bureau. Les deux versions portent exactement le même message ; seul le niveau de discrétion change.

Le générateur de moulettes : un bijou qui s’adapte à vous

Ce même principe de liberté guide tout le reste de la gamme : comme on l’expliquait dans notre article sur les bijoux féministes au quotidien, un bijou militant n’a de sens que si on peut vraiment se l’approprier. Le générateur de moulettes n’est donc pas un simple gadget marketing, c’est la traduction concrète de cette idée : le bijou s’adapte à vous, pas l’inverse.

Bien choisir et entretenir sa moulette

Crochets, créoles ou grande taille : comment choisir

Pas de mauvaise réponse ici, seulement des préférences. Le crochet doré ou argenté classique convient à la grande majorité des lobes et se change facilement au quotidien. La créole 20 millimètres, elle, est pensée pour celles qui aiment accrocher une pampille différente selon l’humeur du jour, ou qui portent un écarteur et cherchaient enfin une option adaptée à leur taille. Entre les deux tailles proposées, la moyenne (3 cm) convient pour un usage quotidien discret, la grande (4 cm) pour un effet plus affirmé.

Nos conseils d’entretien

La résine époxy craint les chocs, les parfums ou crèmes appliqués directement dessus et l’exposition prolongée au soleil, qui peut à la longue ternir l’éclat des paillettes. Un simple passage au chiffon doux après chaque port suffit à garder la brillance intacte ; évitez en revanche l’eau chaude, la piscine et l’eau de mer, qui peuvent fragiliser la résine sur le long terme. Toutes nos attaches sont en apprêts métalliques dorés ou argentés sans nickel, pensés pour les oreilles sensibles et les allergies aux métaux. Rangez vos moulettes à plat, à l’abri de la lumière directe et de préférence séparées des autres bijoux pour éviter les rayures, et elles vous accompagneront pendant des années.

J’aime savoir que ce petit bijou, né de plusieurs mois d’essais dans mon atelier, se retrouve maintenant aux oreilles de parfaites inconnues, dans une combinaison de couleurs et d’attaches que je n’aurais peut-être même pas imaginée moi-même. C’est exactement pour ça que j’ai créé le générateur plutôt qu’un modèle unique : pour que chacune reparte avec sa version à elle, et pas avec la mienne.

Envie de composer la vôtre ? Direction le générateur de moulettes à paillettes sur chococlito.fr, et suivez les coulisses de l’atelier au jour le jour sur Instagram, @choco_clito.

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Bijoux féministes : pourquoi les porter au quotidien

4 mars 2024 : sur la tour Eiffel s’affiche en lettres géantes « Mon corps, mon choix ». Au même moment, au Trocadéro, des dizaines de foulards verts triangulaires flottent dans la foule venue célébrer l’inscription du droit à l’avortement dans la Constitution française. Ce petit bout de tissu vert, né dans les rues de Buenos Aires au début des années 2000, est devenu en quelques années le symbole mondial du combat pour les droits reproductifs. Preuve, s’il en fallait une, qu’un simple objet porté sur soi peut raconter tout un combat.

Chez ChocoClito, on croit dur comme fer à ce pouvoir-là. Nos moulettes à paillettes ne sont pas de simples bijoux : elles perpétuent une tradition bien plus ancienne qu’on ne le pense, celle du symbole qu’on porte pour affirmer ce qu’on pense. Alors, pourquoi un bout de résine ou de tissu peut-il devenir un acte militant ? Remontons le fil.

En résumé : Porter un bijou féministe au quotidien, c’est afficher ses valeurs et normaliser des combats encore tabous. Cette pratique remonte aux suffragettes du début du XXe siècle et se prolonge aujourd’hui via des symboles comme le foulard vert ou les bijoux représentant le corps, telle la moulette à paillettes de ChocoClito.

Le bijou, longtemps un objet de pouvoir… qu’on a fini par se réapproprier

Quand le bijou signifiait la possession

Historiquement, le bijou féminin n’a pas toujours été un outil d’émancipation. Pendant des siècles, il a surtout servi à afficher le statut social ou la richesse… du mari ou du père qui l’offrait. Offert, il pouvait aussi lier, voire assujettir celle qui le portait à celui qui le lui donnait : une bague de fiançailles, une parure de mariage, autant de symboles de propriété que d’affection. Ce n’est qu’avec l’émancipation progressive des femmes, au cours du XXe siècle, que le bijou a commencé à changer de camp, pour devenir un objet que l’on choisit soi-même, et qui parle en son propre nom.

Les suffragettes, pionnières du bijou militant

Le tournant a lieu au tout début du XXe siècle, dans l’Angleterre édouardienne. En 1903, Emmeline Pankhurst fonde à Londres la Women’s Social and Political Union (WSPU), dont les couleurs, violet, blanc et vert, deviennent un code politique porté fièrement en broche, en ruban ou en bijou. Le violet symbolise la dignité, le blanc la pureté de la cause, le vert l’espoir : un vocabulaire visuel que n’importe quelle sympathisante pouvait porter, même sans jamais avoir été arrêtée.

Sa fille Sylvia Pankhurst dessine la célèbre Holloway Brooch, remise dès 1909 à chaque suffragette à sa sortie de prison. En forme de porte de prison, elle est alors surnommée, dans la presse du mouvement, la « Croix de Victoria » de l’organisation. Une médaille de grève de la faim complète parfois la panoplie, décernée à celles qui avaient enduré l’alimentation forcée. Mais l’essentiel se jouait aussi en dehors des moments de procès ou de prison : porter les couleurs violet, blanc et vert un jour ordinaire, en broche ou en ruban, suffisait à afficher son camp sans avoir besoin de prononcer un mot.

Un symbole qu’on porte, un message qui voyage

Le foulard vert, un symbole devenu mondial

Le foulard vert évoqué plus haut suit exactement la même logique. Popularisé en Argentine à partir du milieu des années 2000 par la Campagne nationale pour le droit à l’avortement légal, sûr et gratuit, il reprend le motif du foulard blanc porté par les Mères de la Place de Mai, ces femmes qui réclamaient la vérité sur leurs enfants disparus pendant la dictature. Le symbole a depuis traversé les frontières, jusqu’à devenir un marqueur visuel du mouvement pour les droits reproductifs dans le monde entier, y compris en France.

Pourquoi un symbole visible change la donne

Porter un signe militant à la vue de tous a un triple effet : il affirme une conviction sans avoir besoin de la justifier sans cesse, il permet à des inconnues de se reconnaître entre elles en quelques secondes dans une file d’attente ou une salle de réunion, et il normalise, avec le temps, des sujets encore tabous. C’est exactement le rôle que joue un bijou explicitement féministe porté un jour ordinaire, au bureau comme en soirée : il n’attend pas une date symbolique pour exister.

Le corps comme terrain de réappropriation

La tendance des bijoux qui célèbrent le corps

Depuis quelques années, une nouvelle catégorie de bijoux gagne du terrain : les « bijoux de corps », qui mettent en valeur des parties du corps rarement montrées, poitrine, hanches, vulve ou clitoris. Leur objectif, selon les créatrices qui les conçoivent, est de réconcilier celles qui les portent avec leur propre anatomie, souvent après des années de complexes entretenus en silence. La vulve et le clitoris en particulier sont devenus, ces dernières années, une sorte de mascotte visuelle des revendications féministes, un peu comme on vous le racontait dans notre article sur l’histoire du clitoris : même bataille de visibilité, mêmes résistances, même victoire progressive. Une coach et sexologue française raconte ainsi avoir créé ses premières pièces pour une amie qui se trouvait trop peu féminine à cause d’une poitrine qu’elle jugeait trop petite : le bijou, en la rendant fière plutôt que gênée, a changé le regard qu’elle portait sur elle-même.

La moulette à paillettes, notre bijou-manifeste

C’est très exactement dans cette filiation que s’inscrit la moulette à paillettes de ChocoClito. Coulée à la main dans notre atelier, en résine saturée de paillettes autour d’une perle clitoridienne, elle ne se contente pas d’orner : elle affirme. Disponible en plusieurs coloris, du rose fluo au bleu électrique, elle peut se porter en broche sur une veste de tous les jours, en pendentif discret sous un col, ou s’offrir en duo à une amie qui a besoin qu’on lui rappelle qu’elle a le droit d’être fière de son corps. La porter au quotidien, c’est reprendre, plus d’un siècle après les suffragettes, exactement le même geste : transformer un accessoire en déclaration.

Un dernier conseil de pro : évitez de dormir ou de nager avec votre moulette, la résine n’aime ni l’humidité prolongée ni les chocs répétés ; un simple rangement à plat dans son écrin, loin d’une source de chaleur directe, suffit à la préserver entre deux sorties.

Des suffragettes de 1909 aux foulards verts de 2024, un même geste traverse l’histoire : porter, haut et fort, ce en quoi on croit, sans attendre la permission de personne. Chez ChocoClito, on continue cette histoire à notre manière, avec un peu plus de paillettes.

Découvrez la collection de bijoux militants sur chococlito.fr et rejoignez la communauté ChocoClito sur Instagram, @choco_clito, pour ne rater aucun combat ni aucune nouveauté pailletée.