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Bijoux féministes : pourquoi les porter au quotidien

4 mars 2024 : sur la tour Eiffel s’affiche en lettres géantes « Mon corps, mon choix ». Au même moment, au Trocadéro, des dizaines de foulards verts triangulaires flottent dans la foule venue célébrer l’inscription du droit à l’avortement dans la Constitution française. Ce petit bout de tissu vert, né dans les rues de Buenos Aires au début des années 2000, est devenu en quelques années le symbole mondial du combat pour les droits reproductifs. Preuve, s’il en fallait une, qu’un simple objet porté sur soi peut raconter tout un combat.

Chez ChocoClito, on croit dur comme fer à ce pouvoir-là. Nos moulettes à paillettes ne sont pas de simples bijoux : elles perpétuent une tradition bien plus ancienne qu’on ne le pense, celle du symbole qu’on porte pour affirmer ce qu’on pense. Alors, pourquoi un bout de résine ou de tissu peut-il devenir un acte militant ? Remontons le fil.

En résumé : Porter un bijou féministe au quotidien, c’est afficher ses valeurs et normaliser des combats encore tabous. Cette pratique remonte aux suffragettes du début du XXe siècle et se prolonge aujourd’hui via des symboles comme le foulard vert ou les bijoux représentant le corps, telle la moulette à paillettes de ChocoClito.

Le bijou, longtemps un objet de pouvoir… qu’on a fini par se réapproprier

Quand le bijou signifiait la possession

Historiquement, le bijou féminin n’a pas toujours été un outil d’émancipation. Pendant des siècles, il a surtout servi à afficher le statut social ou la richesse… du mari ou du père qui l’offrait. Offert, il pouvait aussi lier, voire assujettir celle qui le portait à celui qui le lui donnait : une bague de fiançailles, une parure de mariage, autant de symboles de propriété que d’affection. Ce n’est qu’avec l’émancipation progressive des femmes, au cours du XXe siècle, que le bijou a commencé à changer de camp, pour devenir un objet que l’on choisit soi-même, et qui parle en son propre nom.

Les suffragettes, pionnières du bijou militant

Le tournant a lieu au tout début du XXe siècle, dans l’Angleterre édouardienne. En 1903, Emmeline Pankhurst fonde à Londres la Women’s Social and Political Union (WSPU), dont les couleurs, violet, blanc et vert, deviennent un code politique porté fièrement en broche, en ruban ou en bijou. Le violet symbolise la dignité, le blanc la pureté de la cause, le vert l’espoir : un vocabulaire visuel que n’importe quelle sympathisante pouvait porter, même sans jamais avoir été arrêtée.

Sa fille Sylvia Pankhurst dessine la célèbre Holloway Brooch, remise dès 1909 à chaque suffragette à sa sortie de prison. En forme de porte de prison, elle est alors surnommée, dans la presse du mouvement, la « Croix de Victoria » de l’organisation. Une médaille de grève de la faim complète parfois la panoplie, décernée à celles qui avaient enduré l’alimentation forcée. Mais l’essentiel se jouait aussi en dehors des moments de procès ou de prison : porter les couleurs violet, blanc et vert un jour ordinaire, en broche ou en ruban, suffisait à afficher son camp sans avoir besoin de prononcer un mot.

Un symbole qu’on porte, un message qui voyage

Le foulard vert, un symbole devenu mondial

Le foulard vert évoqué plus haut suit exactement la même logique. Popularisé en Argentine à partir du milieu des années 2000 par la Campagne nationale pour le droit à l’avortement légal, sûr et gratuit, il reprend le motif du foulard blanc porté par les Mères de la Place de Mai, ces femmes qui réclamaient la vérité sur leurs enfants disparus pendant la dictature. Le symbole a depuis traversé les frontières, jusqu’à devenir un marqueur visuel du mouvement pour les droits reproductifs dans le monde entier, y compris en France.

Pourquoi un symbole visible change la donne

Porter un signe militant à la vue de tous a un triple effet : il affirme une conviction sans avoir besoin de la justifier sans cesse, il permet à des inconnues de se reconnaître entre elles en quelques secondes dans une file d’attente ou une salle de réunion, et il normalise, avec le temps, des sujets encore tabous. C’est exactement le rôle que joue un bijou explicitement féministe porté un jour ordinaire, au bureau comme en soirée : il n’attend pas une date symbolique pour exister.

Le corps comme terrain de réappropriation

La tendance des bijoux qui célèbrent le corps

Depuis quelques années, une nouvelle catégorie de bijoux gagne du terrain : les « bijoux de corps », qui mettent en valeur des parties du corps rarement montrées, poitrine, hanches, vulve ou clitoris. Leur objectif, selon les créatrices qui les conçoivent, est de réconcilier celles qui les portent avec leur propre anatomie, souvent après des années de complexes entretenus en silence. La vulve et le clitoris en particulier sont devenus, ces dernières années, une sorte de mascotte visuelle des revendications féministes, un peu comme on vous le racontait dans notre article sur l’histoire du clitoris : même bataille de visibilité, mêmes résistances, même victoire progressive. Une coach et sexologue française raconte ainsi avoir créé ses premières pièces pour une amie qui se trouvait trop peu féminine à cause d’une poitrine qu’elle jugeait trop petite : le bijou, en la rendant fière plutôt que gênée, a changé le regard qu’elle portait sur elle-même.

La moulette à paillettes, notre bijou-manifeste

C’est très exactement dans cette filiation que s’inscrit la moulette à paillettes de ChocoClito. Coulée à la main dans notre atelier, en résine saturée de paillettes autour d’une perle clitoridienne, elle ne se contente pas d’orner : elle affirme. Disponible en plusieurs coloris, du rose fluo au bleu électrique, elle peut se porter en broche sur une veste de tous les jours, en pendentif discret sous un col, ou s’offrir en duo à une amie qui a besoin qu’on lui rappelle qu’elle a le droit d’être fière de son corps. La porter au quotidien, c’est reprendre, plus d’un siècle après les suffragettes, exactement le même geste : transformer un accessoire en déclaration.

Un dernier conseil de pro : évitez de dormir ou de nager avec votre moulette, la résine n’aime ni l’humidité prolongée ni les chocs répétés ; un simple rangement à plat dans son écrin, loin d’une source de chaleur directe, suffit à la préserver entre deux sorties.

Des suffragettes de 1909 aux foulards verts de 2024, un même geste traverse l’histoire : porter, haut et fort, ce en quoi on croit, sans attendre la permission de personne. Chez ChocoClito, on continue cette histoire à notre manière, avec un peu plus de paillettes.

Découvrez la collection de bijoux militants sur chococlito.fr et rejoignez la communauté ChocoClito sur Instagram, @choco_clito, pour ne rater aucun combat ni aucune nouveauté pailletée.

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