Été 2024 : Paris dévoile les mascottes officielles des Jeux Olympiques, deux bonnets phrygiens rouges et pétillants, avec une silhouette arrondie posée sur deux jambes fines. Sur les réseaux sociaux, une bonne partie d’Internet y voit surtout… une paire de clitoris. Loin d’être gênant, le clin d’œil a plutôt amusé les militantes féministes : la preuve, disaient-elles, que l’organe le plus tabou du corps humain commençait enfin à sortir de l’ombre.

Chez ChocoClito, on porte ce combat depuis toujours, en résine et en paillettes. Alors comment un petit organe longtemps rayé des livres de médecine est-il devenu un motif qu’on ose porter en broche ? Remontons le fil de son histoire.
En résumé : Longtemps réduit à un point sur les schémas scolaires, le clitoris n’a été entièrement cartographié qu’en 1998 par l’urologue Helen O’Connell. Depuis 2019, une Journée internationale du clitoris (22 mai) et plusieurs associations féministes militent pour sa reconnaissance, son enseignement et la fin du tabou entourant le plaisir féminin.
Le clitoris, un organe rayé de l’histoire pendant un siècle
Connu depuis l’Antiquité, oublié dès le XXe siècle
Le clitoris n’a rien d’une découverte récente. Dès l’Antiquité, Hippocrate évoquait déjà son rôle dans le plaisir féminin. Au XVIe siècle, l’anatomiste italien Realdo Colombo en propose l’une des premières descriptions médicales, suivi en 1844 par l’Allemand Georg Ludwig Kobelt, qui en dessine une anatomie détaillée et fidèle.
Pourtant, à partir du début du XXe siècle, l’organe disparaît quasiment des manuels et traités médicaux. Réduit à un simple point sur les schémas, voire totalement absent, il devient la victime d’un désintérêt persistant de la recherche scientifique pour le plaisir féminin, pendant qu’un siècle de littérature médicale continue de détailler l’anatomie masculine dans ses moindres recoins.
1998 : la redécouverte scientifique du clitoris
Il faudra attendre 1998 pour qu’une description anatomique complète soit enfin publiée, grâce à l’urologue australienne Helen O’Connell. En s’appuyant sur des dissections puis, en 2005, sur l’imagerie par résonance magnétique, elle révèle plusieurs éléments majeurs :
- le clitoris ne se limite pas à son gland visible, la partie émergée d’un iceberg bien plus vaste ;
- sa structure complète, gland, corps, bulbes vestibulaires et racines internes réunis, mesure en moyenne entre 9 et 11 centimètres ;
- son gland concentre à lui seul environ 8 000 terminaisons nerveuses, ce qui fait de lui le seul organe du corps humain entièrement dédié au plaisir.
Ces travaux, complétés depuis par tout un réseau international de chercheuses et de cliniciennes, ont changé la donne scientifique : ils infusent peu à peu la formation du personnel médical, les manuels scolaires et même le vocabulaire courant. Mais dans la société, le chemin restait encore long.
Une Journée internationale pour un organe encore tabou
22 mai : pourquoi cette date existe
C’est à Bruxelles, le 22 mai 2019, que plusieurs associations féministes belges et françaises, parmi lesquelles Amazone, la Coordination française du Lobby européen des femmes ou encore Dessine-moi un clito, lancent la toute première Journée internationale du clitoris. Un clitoris géant est installé place du Luxembourg pour l’occasion. L’objectif affiché : donner enfin de la visibilité à un organe qu’aucun manuel scolaire ne représentait correctement à l’époque.
Depuis, l’événement essaime chaque année : sculpture gonflable géante installée face à la tour Eiffel un 8 mars, exposition consacrée à l’organe à l’Université libre de Bruxelles, parade festive dans les rues de Saint-Gilles… Le clitoris géant est devenu, presque malgré lui, un habitué de l’espace public, porté par des collectifs féministes qui refusent de le laisser retomber dans l’oubli une fois la date symbolique passée.
L’école aussi doit rattraper son retard
En 2016, un rapport du Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes révélait qu’une fille de 15 ans sur quatre ignorait posséder un clitoris, et que 83 % d’entre elles n’en connaissaient pas la fonction, contre 68 % des garçons du même âge qui, eux, le savaient. À la même époque, aucun des huit manuels scolaires de SVT alors publiés en France ne le représentait correctement : certains le réduisaient à un point, d’autres l’ignoraient purement et simplement.
Il faudra attendre la rentrée 2017 pour qu’un éditeur scolaire intègre enfin une représentation exacte et à l’échelle du clitoris dans ses manuels, un an après qu’une chercheuse a mis en ligne, en libre accès, le tout premier modèle 3D imprimable de l’organe. Un petit pas éditorial, mais un vrai symbole : celui d’une génération qui apprend enfin à se dessiner en entier.
Du tabou à l’icône pop : porter le symbole
Le clitoris s’invite dans la culture populaire
L’épisode des mascottes olympiques n’est qu’un exemple parmi d’autres. Sculptures géantes installées devant des monuments, comptes Instagram dédiés à l’éducation sexuelle, websérie engagée, dictionnaire participatif du plaisir féminin en ligne : depuis quelques années, le clitoris quitte les livres d’anatomie pour s’afficher, en rose et en bleu électrique, sur les murs et les réseaux sociaux. Certaines associations le rappellent d’ailleurs avec ironie : la recherche scientifique s’est longtemps davantage penchée sur la vie sexuelle des éléphants que sur celle des femmes.
Cette visibilité nouvelle change aussi le rapport des femmes à leur propre corps. Nommer, représenter et célébrer cet organe, c’est aussi se réapproprier une part de sa sexualité trop longtemps laissée dans l’ombre.
La moulette à paillettes, notre manière de porter le combat
C’est exactement l’esprit dans lequel est née la moulette à paillettes, la pièce fétiche de ChocoClito. Chaque moulette est coulée à la main dans notre atelier, en résine colorée saturée de paillettes, autour d’une perle clitoridienne qui trône fièrement au centre du bijou. Bleu électrique, rose fluo ou violet pailleté : chaque coloris raconte une facette différente du même message. Le geste, lui, ne change jamais : couler la résine, glisser la perle au bon endroit, laisser durcir, puis polir jusqu’à ce que la lumière accroche chaque paillette. Porter une moulette en broche ou en pendentif, ce n’est pas juste un accessoire : c’est afficher, sans complexe, que le plaisir féminin n’a plus à se cacher.
Côté entretien, la résine craint les chocs et l’exposition prolongée au soleil : un petit coup de chiffon doux après chaque port suffit à garder toutes ses paillettes intactes, saison après saison.
Le clitoris a mis un siècle à ressortir des livres d’anatomie. Il ne lui reste plus qu’à s’installer, sans complexe, dans nos bijoux, nos conversations et nos garde-robes. Chez ChocoClito, on a fait ce choix depuis le premier jour : porter fièrement ce qu’on nous a longtemps appris à cacher.
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FAQ
Pourquoi le clitoris a-t-il été aussi longtemps ignoré par la médecine ?
Parce que la recherche médicale s’est historiquement concentrée sur l’anatomie masculine et la fonction reproductive, laissant de côté le plaisir féminin. Sa structure complète n’a été cartographiée qu’en 1998 par l’urologue australienne Helen O’Connell, grâce à l’imagerie médicale moderne.
Quand a lieu la Journée internationale du clitoris ?
Elle se tient chaque année le 22 mai, depuis son lancement à Bruxelles en 2019 par plusieurs associations féministes. L’objectif est de sensibiliser le grand public à cet organe encore largement méconnu.
Quelle est la taille réelle du clitoris ?
Contrairement à l’idée reçue, le clitoris ne se limite pas à son gland visible : sa structure complète, bulbes et racines internes compris, mesure en moyenne entre 9 et 11 centimètres. Le gland, lui, concentre à lui seul environ 8 000 terminaisons nerveuses.
